Les Associations Familiales Protestantes

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Histoire longue – Création et disparition : 1875-1975

L’existence et la vitalité d’un mouvement associatif, familial, protestant varient avec l’époque.
C’est d’abord l’intérêt plus ou moins grand, voire les controverses que les questions familiales soulèvent à un moment donné, que ce soit pour leurs implications publiques ( démographie, vieillissement, emploi, croissance, inflation, immigration, etc.) ou privées ( place de la femme, contraception, mariage, divorce, PACS, libérations sexuelles, solitudes etc.).

C’est ensuite la diversité d’options des églises issues de la Réforme qui interdit toute généralisation simplificatrice sous réserve de conserver à l’esprit que le protestantisme est en France, par histoire et non par talent ou mérite, une religion familiale, associative et laïque.
C’est enfin paroisse par paroisse, toutes les questions de transmission et de relation (catéchèse, mouvements de jeunesse, ménages mixtes, entraide familiale etc.) questions plus ou moins aigües selon la dissémination et l’état de l’église et de ses institutions non locales.
Tout jugement réclame en outre un minimum de recul car en matière familiale, le court terme, c’est deux générations, deux fois 25 ans ; le temps de transmettre, le temps d’un relais associant grands-parents, parents, enfants.

Les premières AFP naissent vers 1875 à Montbéliard, Belfort et Mulhouse avec l’industrialisation, la crise, le christianisme social, et le patronat mulhousien.
La période 1941-1955 enregistre une vive activité avec les misères et besoins nés de la guerre, puis de la Libération, enfin de la reconstruction et du boom démographique. Ainsi l’AFP de St-Etienne s’illustre avec ses villages coopératives de vacances familiales .

En 1975, sauf deux ou trois associations gestionnaires, les AFP se sont dissoutes dans la diaconie et l’Entraide. Il n’y a plus de pensée nationale et plus d’action locale : le vide.

Histoire courte – Réflexion et réveil : 1980 à 2005

La création d’une AFP en 1981 à Marseille ouvre la nouvelle période.
Deux événements vont préparer le réveil. C’est d’abord un effort intellectuel et moral conduit lors des colloques de Fontevraud dans le champ familial associatif et protestant avec le concours de personnalités comme Jacques Ellul, Jean Carbonnier, France Quéré, François Goguel, Emmanuel Todd, Jean-Michel Bellorgey, Jean-François Mattei, Evelyne Sullerot, André Gounelle, Régis Debray, Bruno Etienne, le docteur René Schaerrer etc.

La liberté institutionnelle, la prééminence du bénévolat, le pluralisme voulu des intervenants et des assemblées, le respect des procédures de courtoisie, ont valu aux AFP ce bien rare de controverses libres et denses en un temps de conformisme et de relativisme médiatique “soixantehuité”.
Le site interne des AFP – et son succès mesurable – permet d’en juger d’après les Actes et livres publiés de 1984 à 2002. (CF bilan de Fontevraud)

C’est ensuite, depuis 1998, l’entrée vivifiante et rajeunissante d’associations issues de la mouvance évangélique avec leur sensibilité biblique et familiale, entrée qui s’effectue souvent simultanément aux AFP et à la Fédération Protestante de France.
On trouvera la liste des AFP anciennes et nouvelles à l’article » Ressources humaines des AFP 2007″.

Investissement intellectuel et rajeunissement associatif, communautaire, évangélique local militant, intérêt porté aux questions et solutions familiales expliquent aussi l’apport précieux que constitue la venue aux AFP de cette nouvelle espèce associative saluée par les sociologues que sont les nouveaux bénévoles, à la fois individualités et collectifs, “au coup par coup”, d’autant plus efficaces qu’ils s’engagent non point en vrac mais sur dossier et selon leur seule
compétence.
Les relations qui s’instaurent par la suite avec les autres associations et l’UDAF locale permettent à chacun de vérifier l’authenticité des engagements pris soit : la certification, gage de transparence et de participation.

Projet associatif des AFP au sein du protestantisme et de la société

Au sein du protestantisme :

L’objectif des AFP est de promouvoir au plan national et local une action associative, familiale et protestante dans les églises issues de la Réforme. Chacun de ces termes est défini
dans la charte des AFP.

La spécificité de leur démarche est de conduire cette action sans considération d’appartenance particulière. Il est demandé à chaque association comme à ses membres de proclamer cette volonté de coopération.
Les AFP placent cet objectif et cette démarche au-dessus de la seule loi du nombre et instituent dans leurs instances dirigeantes l’équilibre entre membres issus des églises traditionnelles (Luthéro-Réformées…) et membres issus de la mouvance évangélique.

Au sein de la société :

Les AFP entendent améliorer la confiance et permettre le débat sur les principes et les procédures en sorte de promouvoir transparence, gouvernance, participation et certification dans les domaines de leur compétence. Définir, dénombrer, chiffrer et évaluer constituent en effet autant de préalables à la restauration de la responsabilité de chacun.

(Par Pierre Patrick Kaltenbach, Président du mouvement national des AFP)

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En février 2012, M. Pierre Patrick Kaltenbach, alors Président des Associations Familiales Protestantes, accordait une interview au Journal « Regard d’Espérance », du Centre Missionnaire.

Regard d'espérance - interview Pierre Patrick Kaltenbach

«Nous sommes dans une société du tri, de la hiérarchie, des statuts et des grades, qui s’emploie à multiplier des systèmes permettant à des gens de se considérer intelligents à vie, par la seule vertu de leur statut, et de refuser toute remise en cause.
«Vous sortez de quelle école? Avec quel rang?…» est la question qui vous est posée quand vous rencontrez un fonctionnaire de la haute administration… C’est particulier à notre pays! Il existe un «péril français» qui est la conjonction du corporatisme et de l’étatisme», nous a confié Pierre Patrick Kaltenbach.

P.P. Kaltenbach est un personnage comme l’on en rencontre peu; un homme qui allie puissance intellectuelle, inépuisable énergie, vaste culture, humour, faconde et simplicité, de la manière la plus naturelle du monde… mais non moins impressionnante.
Le débat, la discussion, la confrontation des idées, tout autant que l’analyse fouillée, sont les champs de bataille où ce hussard de la pensée et du verbe aime ferrailler.
Redoutable débatteur, il sait enchaîner avec brio les pensées incisives et les formules savoureuses, tel un fin bretteur enchaînant ses «bottes secrètes»… le tout servi avec une rare vivacité d’esprit, et un humour ravageur, qui lui fait souvent naître des lueurs de malice au fond des yeux et une esquisse de sourire espiègle au coin des lèvres.
Mais que nul ne s’y trompe: derrière ce goût et cette singulière aptitude pour la joute et la «controverse» – au sens ancien et noble du terme – se cache un homme d’idéal, de conviction… sans compromis.
Si, chez lui, le discours est sans langue de bois, la pensée, l’attitude et l’engagement sont aussi sans concession à la médiocrité, au conformisme, au carriérisme, aux honneurs, au paraître… Le «parler vrai» lui vient d’un «être vrai».Une fidélité à des principes et convictions qui indisposent d’aucuns, et lui ont parfois fermé des portes dorées, de celles qui s’ouvrent devant qui «sait» user de «diplomatie», d’autocensure ou de compromission…
Enfin, ce protestant de «vieille famille» à l’entregent et au carnet d’adresses de qualité, est resté tel que lui-même – simple, généreux et amical – malgré son parcours dans les allées de la haute administration.

Conseiller-Maître à la Cour des Comptes, Président de l’INED (Institut National des Etudes Démographiques) et du Fonds d’Action Sociale pour l’Insertion des Immigrés – entre autres responsabilités assumées au cours d’une carrière bien remplie – P. P. Kaltenbach est président de la Fédération Nationale des Associations Familiales Protestantes, mouvement auquel appartient l’Association Familiale Protestante du Centre-Bretagne.
Voici un entretien qui sort des sentiers battus, en dit autant entre les lignes que dans les mots… qui en disent pourtant déjà long; et le disent avec une inimitable saveur!

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